Assemblée du 49 mars

Lundi #49mars (18 avril 2016), nous nous sommes retrouvé-es place de l’Hôtel de Ville à Aix-en-Provence, pour notre troisième #NuitDebout. Le froid était bien présent et malgré cette contrainte, nous étions quelques 80 personnes prêtes à l’affronter. Pour un lundi, nous sommes contents du nombre, connaissant la difficulté de se réunir en début de semaine. Nous avons décidé diviser la soirée en deux parties : une première de prises de parole en assemblée plénière puis une seconde d’échanges au sein des quatre commissions que nous avons votées lors de notre deuxième assemblées. Au risque de se répéter, nous avons une nouvelle fois vu de nouveaux visages, montrant de l’intérêt, de la curiosité, de la colère et de l’espoir en rejoignant le mouvement #NuitDeboutAix.

Prises de parole :

  • Point sur les 4 commissions créées (Loi travail et convergence des luttes, Éducation populaire, Repenser et construire la société, Logistique) et état des lieux des candidats aux postes de référent-es.
  • États des lieux des outils numériques à disposition (Facebook (page+groupe), Twitter, site Internet, EtherPad pour écriture collaborative, listes d’échanges mails).
  • Intervention de la personne du collectif « Tous pour Calais » proposant de mettre la question des migrant-es et réfugié-es dans une des 4 commissions (Loi travail et convergences des luttes ou Repenser et Construire la société).
  • Une personne de Nuit Debout Bordeaux, s’étant déjà rendu à Nuit Debout Toulouse et Nuit Debout Montpellier, nous a conseillé un point « Cantine / Nourriture », histoire de rendre la soirée plus conviviale, surtout à l’heure du manger qui est notre heure de réunion.
  • Face au froid de ce lundi soir, une personne essaye de réchauffer l’ambiance en abordant l’épisode Finkielkraut à Nuit Debout Paris et rétablissant la vérité et la chronologie des faits. Partant de là, la personne propose un débat à l’assemblée à partir de la question : « Est-ce qu’on peut tout dire à Nuit Debout Aix ? », ou autrement dit, Nuit Debout Aix peut-il tolérer toutes les idées ?
    • Une première personne avance l’argument que Nuit Debout Aix doit être un lieu de prise de parole libre et que toute personne restant dans la parole peut intervenir ; ce qu’il faut proscrire de Nuit Debout Aix, c’est la violence physique.
    • Une deuxième personne intervient alors pour attaquer ce point de vue, disant que le démocratie « bisounours » est dangereuse et qu’à celle-ci, il faut privilégier une démocratie radicale, où des propos peuvent être tenus et d’autres non, selon l’identité que nous voulons donner à Nuit Debout Aix : mouvement citoyen ou mouvement politique. Rappelant aussi qu’Aix-en-Provence comporte une cellule de l’Action Française, cette personne a évoqué la dangerosité de la démocratie « bisounours » avec des gens de ce bord.
    • Une troisième personne est intervenue pour parler de ce qui définissait Nuit Debout Aix à travers les premières assemblées : des valeurs de progrès, la volonté de construire une société basée sur ces valeurs. Dès lors, ces valeurs s’opposent à d’autres qu’il n’est pas possible de trouver dans les interventions à Nuit Debout Aix. Pour autant, il n’est pas possible d’interdire à une personne opposée à ces valeurs, du type Finkielkraut, de s’installer dans l’assemblée et d’écouter ce qu’il s’y dit. Pour cette personne, Nuit Debout Aix n’est pas une simple agora mais un mouvement politique, aux idées de gauche.
    • Une autre personne est intervenue pour parler d’opposition entre le peuple et l’oligarchie, et que Nuit Debout Aix est un mouvement qui devrait rassembler le peuple contre l’oligarchie. Cette personne privilégie cette opposition à celle de gauche versus droite. Par ailleurs, pour cette personne, nous ne sommes pas des politiques professionnels. Nuit Debout Aix ne doit pas être un  mouvement politique mais un mouvement citoyen. Enfin, elle a abordé la question du progrès qui est un terme critiquable quand on pense au progrès technologique qui ne va pas toujours dans le sens d’un avenir plus favorable pour l’humanité.
    • Une personne a remué l’assemblée en disant que les personnes comme Finkielkraut qui ont des valeurs opposées aux nôtres ont suffisamment de tribunes médiatiques pourqu’on n’ait pas à se poser la question d’inviter une telle personne au micro. La question de Nuit Debout Aix comme tribune pour n’importe quelle idée a là encore état remise en question ; Nuit Debout Aix doit être un outil pour les victimes du système .
    • Concernant l’opposition peuple vs. oligarchie, une personne s’est dit plutôt favorable à condition que cela soit passager et que l’on n’oublie pas que ce qui guide notre lutte et notre envie de construire des communs, c’est la lutte des classes : que d’un côté nous ayons des personnes vendant leur force de travail pour vivre et que de l’autre nous ayons des personnes vivent de cette force de travail, d’un côté les exploités, de l’autre les exploitants. L’opposition peuple versus oligarchie est un moyen ; mais l’opposition gauche versus droite reste d’actualité. Concernant le progrès, il était question de progrès humain et non pas technologique. Au passage, conseil de lecture : Travail manuel et réflexion vont de pair, Manuel Cervera-Marzal, Revue Ballast ; cet article aborde la question du progrès. Enfin, cette personne a rappelé qu’on était tous d’accord pour dire que Nuit Debout Aix était un mouvement s’engageant à transformer la vie de la cité, et donc, par étymologie, Nuit Debout Aix est un mouvement politique.
  • Après ce débat intéressant où l’assemblée était plutôt dans l’optique de faire de Nuit Debout Aix un mouvement axé sur la lutte contre la loi travail, la convergence des luttes et la construction d’une société progressiste, nous avons mis fin à l’assemblée plénière et nous sommes répartis dans les quatre commissions (premières fois qu’elles se réunissaient. Voici les compte-rendus de ces dernières (à compléter) :

Compte-rendu de la commission « Loi travail et convergence des luttes »

  • Présentation de deux collectifs s’opposant au projet de loi travail et prônant là convergence des luttes présents sur Facebook : « 13 en lutte » (présent aussi sur le terrain) et « Aix en lutte ». Côté lycéens-étudiants, on trouve également sur Facebook le collectif « Jeunes 13 énervés », présent sur le terrain à Marseille.
  • Puisque débattue dans plusieurs Nuit Debout à Paris et en province, une discussion sur la position à tenir à l’égard d’Étienne Chouard (et de ses Gentils Virus) a rapidement eu lieu afin de prendre les devants. Nous avons renvoyé à des sites Internet montrant ses liens avec l’extrême-droite et rappelé le danger et l’ineptie de vouloir travailler avec une telle personne.
  • Facultés : la mobilisation contre la loi travail n’a pas pris dans les facs ; distribution de tracts pour la Nuit Debout du 23 avril programmée.
  • Fac de lettres : réfléchir à un porteur-de-parole ou à un Info’kiosque (kiosque à tract et information)
  • Info’Kiosque : cet Info’Kiosque pourrait changer de lieu et ne pas rester uniquement à la fac.
  • IEP : les cours sont finis donc les étudiants sont peu mobilisables. Néanmoins, il devrait y avoir 50-60 personnes le 23 avril. Réfléchir à une prise de contact avec Radio Hertz
  • Tract avec recto = loi travail et verso = Nuit Debout / Travail collaboratif à lancer outil type EtherPad
  • Banderole sur autoroute aixoise, appelant à la manifestation du 28 avril à Marseille
  • Banderole sur autoroute aixoise, avec le sigle NuitDeboutAix.fr ou quelque chose comme ça
  • Réfléchir à une opération devant Pôle Emploi ?
  • Nécessité de recenser les secteurs de luttes, comme l’hôpital de Montperrin, La Poste, Car Treize, collectif Migrant 13, …

Compte-rendu de la commission « Repenser et construire la société »

La première décision prise a été de définir les sujets sur lesquels cette commission pourrait discuter, les thèmes principaux.

Première préoccupation : définir les sujets principaux. Idées proposées dans le tour de parole :

  • Potagers, jardins libres
  • Démocratie, sens grec, justice
  • Monnaie
  • Actions concrètes
  • Technologies
  • Travail, temps de travail, robotisation
  • Enseignement
  • Agir localement et s’organiser localement
  • Importance des associations : rediriger les gens qui veulent s’engager
  • Importance du lien entre théorie et action
  • Droits de l’homme
  • Revenu de base

Vote sur quatre « sous-commissions » afin de discuter sur des sujets plus précis sans trop se disperser :

  • Ecologie
  • Economie
  • Démocratie
  • Culture

Chaque sous-commission devra s’attacher à chercher l’action concrète tout autant que la réflexion théorique.